LINGERIE – KELLY POUR AUBERGINES & ABRICOTS AU JOST HÔTEL LE HAVRE
Il y a des corps qui racontent, des silences qui s’ouvrent comme des portes entrouvertes sur la peau.
Dans les couloirs profonds et les escaliers colorés du JOST Hôtel du Havre, la créatrice Kelly incarne une ode nue à la résistance tendre.
Entre textures croisées et lumières graphiques, ce shooting pour Aubergines & Abricots ne cherche pas à séduire, mais à dire.
Dire la présence, la texture du regard, la force douce d’une femme qui n’a plus peur d’être un mystère à elle seule.
Chaque pièce de lingerie devient ici une extension de sa pensée, un fragment textile de ses contradictions : fragilité frontale, sensualité tranquille, fureur tenue.

Fragments d’un corps qui s’écrit dans la lumière
Ici, tout commence par un frisson de couleurs.
Le bleu cobalt d’un escalier, le jaune brut d’un couloir, le noir texturé d’un toit qui guette le ciel.
Ce n’est pas un décor. C’est un état d’âme géométrique.
Le JOST Hôtel, avec son style brutaliste et ses jeux de matières, devient le théâtre d’une métamorphose visuelle.
Kelly y déambule en créature libre, vêtue de lumière, de filets transparents et de gestes précis.
Chaque espace du lieu répond à une facette d’elle :
— la cage d’escalier, c’est la tension intérieure
— l’ascenseur, c’est le vertige du regard
— le rooftop, c’est l’abandon lumineux
— la salle des vins, c’est la retenue lascive
La lingerie, signée Aubergines & Abricots, épouse ce parcours avec audace :
des ensembles en dentelle blanche presque fragiles,
des pièces en noir structuré qui soulignent la posture,
un body bleu traversé de lumière, presque aquatique,
et ce fouet, cette chaîne, ces détails qui disent que le pouvoir ne se crie pas :
il se porte.
Le récit commence là, dans ce lieu à la fois ludique et brut,
où chaque image devient une phrase,
chaque tenue un mot,
et chaque regard une ponctuation suspendue.
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Les silences qu’on ne détache pas
“Elle ne crie pas. Elle montre.
Mais jamais tout à fait.”

Le choc doux du premier regard
Sous la dentelle claire, une tension nue
Tout commence dans l’étroitesse d’une cabine, comme si le corps avait choisi le repli pour mieux se dire. La lumière tranche le décor, mais reste douce sur la peau.
Kelly se tient droite, mais ce n’est pas une pose de force :
c’est une retenue. Entre ses doigts, une chaîne. Rien n’est forcé. Tout est là pour suggérer.
Le soutien-gorge est en dentelle blanche, diaphane. Presque fragile, mais jamais vulnérable. Ce n’est pas un vêtement. C’est un passage. Il y a sur sa cage thoracique ce tatouage : “Vestiges de ces silences qu’on en disent long.”
Et c’est toute l’intention du cadre :
raconter ce qu’on n’ose pas formuler, dérouler des cicatrices intimes à la lumière d’un flash. Le carrelage noir devient théâtre muet, et le blanc sur sa peau :
un murmure qui claque.
Elle est plus forte quand elle ne dit rien.
Et c’est là que le regard se heurte.

Les couleurs qui parlent pour elle
Le jaune d’un cri qu’elle ne pousse pas
Dans le couloir étroit, la tension est montée d’un cran.
La lumière a changé. Elle bleuit. Elle coupe. Le corps n’est plus en transparence, mais en affirmation. La lingerie est jaune, presque électrique, comme si le corps voulait imposer sa présence au lieu. Mais Kelly reste en retrait. Son regard ne cherche pas l’objectif. Il s’en échappe. L’ascenseur n’est pas qu’un fond.
C’est une invitation à disparaître. Un refus de trop s’offrir.
Elle se sait regardée, mais refuse d’être lue. Elle déjoue l’œil.
Les jeux de lumière créent des ombres géométriques sur ses hanches.
Le silence reste, mais il devient plus aigu.
Presque métallique.
Elle traverse la lumière comme on traverse un soupçon :
d’un seul geste, elle s’absente.
Ce que le bleu ne dit pas encore
“Le silence a pris corps.
Et dans ses gestes lents, le doute a fait son nid.”

Le flou comme drap de peau
L’escalier ne mène nulle part. Il recueille.
La matière est bleue, fine, presque liquide. Le corps semble glisser entre deux dimensions. Dans les marches rouges du JOST, c’est l’ombre qui dicte la pose. Et Kelly ne joue pas.
Elle cherche. À quoi ? À qui ? Elle seule le sait.
Ce n’est plus une scène. C’est une intériorité en mouvement. Ses bras glissent sur la rambarde, comme pour s’ancrer. Mais son regard dit l’inverse :
elle flotte. La lingerie ne couvre rien. Elle souligne.
Ce n’est pas un appel.
C’est un seuil.
Une frontière douce entre le présent et le manque. La lumière, ici, n’éclaire pas : elle peint. Des éclats de bleu sur sa peau, des reflets d’intime sur ses jambes tendues.
Elle n’avance pas.
Elle suspend la chute.

Le trouble comme motif
Les bouées ne sauvent rien quand on s’abandonne
Ici, tout est contradiction. Les couleurs crient, le corps s’absente.
Les bouées rouges, accrochées comme des mirages de secours,
entourent Kelly sans jamais la retenir. Son regard s’éteint, le bleu de sa tenue entre en résonance avec le bleu de ses ongles, comme une promesse tenue du bout des doigts.
Le jour éclate, mais elle reste ailleurs. Presque tranquille. Presque triste. La combinaison à moitié tombée, elle laisse voir une lingerie trop fine pour faire barrière. Mais c’est ce demi-geste, ce “presque” là, qui fait l’histoire.
Elle se penche en arrière, comme si le monde glissait sur elle. Comme si la lumière, trop forte, la repoussait. Et les mots tatoués sur sa peau ? Ils s’effacent dans le bleu.
On ne sauve pas ce qui ne veut pas l’être.
On regarde. Et on se tait.
L’altitude ne ment jamais
“Quand le ciel est trop bleu, on distingue mieux les fissures.”

Le vertige à hauteur de peau
Elle est montée pour s’éloigner. Pas pour dominer.
Le soleil est là, brutal, sans détour. Il découpe les lignes de sa robe en dentelle comme on tranche une vérité. Rien ne filtre. Tout transparaît.
Et pourtant, elle garde le contrôle.
Assise sur le fauteuil vert du rooftop, Kelly tient une cravache dans la main, comme on tient un souvenir qu’on n’a pas demandé.
Ce n’est pas un geste de pouvoir. C’est une résistance douce.
Une manière de dire : “Je suis là. Entière. Et c’est vous qui me regardez.”
Les reflets dansent sur ses cuisses croisées, le noir de la dentelle épouse la lumière, comme un aveu qui ne change rien à la solitude.
La hauteur ne donne rien.
Elle prend le droit d’être vue autrement.

Le ciel est un silence qui écoute
Elle n’attend rien. Mais elle espère qu’on comprenne.
Face au vide, elle ne vacille pas. Le vent pourrait emporter sa robe,
mais elle, elle reste ancrée dans cette posture d’équilibre fragile.
Ses mains effleurent la rambarde, comme si elle testait la limite entre ce qu’on peut encore sentir et ce qu’on choisit de taire.
La robe noire, constellée de motifs, semble écrite directement sur sa peau. Une cartographie du trouble, où chaque transparence est un lieu de mémoire.
Son regard ne cherche pas l’objectif. Il cherche au-delà. Un rivage intérieur. Ou un souvenir de désir.
Elle est sur le toit.
Mais c’est son histoire qui prend de la hauteur.
L’ivresse d’un dernier regard.
Certaines solitudes ont le goût d’un vin rouge, lent et dense.”

Le calme n’a jamais été aussi bruyant
Elle ne dit rien, mais chaque geste parle trop fort.
Il y a des heures où le silence colle au verre. Elle tient son vin comme on tient une pensée qu’on ne veut pas finir. Les ombres jouent sur sa robe en dentelle, découpent son torse, ses bras, comme une partition sans musique.
La scène est feutrée. Mais dans ce velours visuel, tout est tension contenue. Elle ne regarde pas. Elle sait.
Elle sait ce qu’elle laisse voir. Ce qu’elle laisse croire.
Et ce qu’elle garde.
Le fauteuil la prend. Le vin la traverse. La lumière la révèle.
Mais rien n’échappe. Elle est là, mais inaccessible.
Ce n’est pas un adieu.
C’est une dernière gorgée d’elle-même.

L’écho d’une peau
Ce qu’elle a laissé derrière n’a pas fini de parler.
Dans ce dernier plan, la lumière n’est plus un outil. C’est un témoin.
Un complice silencieux.
Son regard transperce l’image, sans violence. Mais avec ce genre de netteté qui reste après le mot “fin”.
Il n’y a plus de jeu ici. Plus de pose. Juste une vérité crue, doucement enveloppée dans la lumière tamisée.
Sa peau semble écrire une dernière phrase qu’on ne pourra pas oublier. Et son regard, même dans le noir,
continue de demander :
“Tu regardais quoi, au juste ?”
Elle ne ferme pas la porte.
Elle l’efface derrière elle.

Une adresse comme une confidence
Ce shooting avec Kelly pour Aubergines & Abricots, au cœur du JOST Hotel du Havre, n’a rien d’une simple série d’images.
C’est une trajectoire. Une dérive maîtrisée. Un voyage intérieur où la lingerie devient langage, et chaque regard une ponctuation.
Dans cet univers mêlant textures brutes, lumière dramatique, gestes assumés et silence brûlant, Kelly incarne la femme contemporaine :
libre, consciente, entière.
Chaque pièce de lingerie révèle sans trahir, cache sans nier.
Elle ne se montre pas, elle se raconte.
Et le décor urbain du JOST devient un théâtre d’intimité — vibrant, contrasté, élégant.
Une ode au corps.
Une ode à celles qui savent qu’on peut s’exposer sans s’offrir.
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Découvrir la boutique : Instagram d’Aubergines & Abricots
📍 Adresse : 141 rue de Paris – Le Havre
Découvrir la boutique : Instagram de Kelly
“Tu as dit peu.
Ton corps s’en est chargé.
Même l’air, autour, a retenu son souffle.
Elle est passée là.
Elle n’a rien pris.
Mais elle a tout déplacé.”
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